• Renouveau

    Stéphane Mallarmé

    Le printemps maladif a chassé tristement
    L’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,
    Et, dans mon être à qui le sang morne préside
    L’impuissance s’étire en un long bâillement.

    Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne
    Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau
    Et triste, j’erre après un rêve vague et beau,
    Par les champs où la sève immense se pavane

    Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,
    Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,
    Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

    J’attends, en m’abîmant que mon ennui s’élève…
    – Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil
    De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

    Stéphane Mallarmé

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  • baladeromantiqueborddemer

     

    LA PIERRE.

     Le distrait a trébuché à cause d’elle.

    Le violent l’a utilisé comme un projectile.

    L’entrepreneur a construit grâce à elle.

    Pour les enfants c’est un jouet.

    David a tué Goliath avec,

    et Michel-Ange an a fait des sculptures.

    Dans tous les cas,

    la différence ne se trouve pas dans la pierre,

    mais chez l’homme.

    Il n’y a pas de pierre sur votre chemin

    qui n’ait rien à vous offrir.  (du net)

    -----------------------------------------------------------------les silences en disent long! dans couples 67149232635784101912JstiEC 

    BONNE JOURNEE A TOUS

    GROS BISOUS

    ANNIE


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  • Décembre  (Emile VERHAEREN)

    (Les hôtes)

    - Ouvrez, les gens, ouvrez la porte, 
    je frappe au seuil et à l'auvent, 
    ouvrez, les gens, je suis le vent, 
    qui s'habille de feuilles mortes.

    - Entrez, monsieur, entrez, le vent, 
    voici pour vous la cheminée 
    et sa niche badigeonnée ; 
    entrez chez nous, monsieur le vent.

    - Ouvrez, les gens, je suis la pluie, 
    je suis la veuve en robe grise 
    dont la trame s'indéfinise, 
    dans un brouillard couleur de suie.

    - Entrez, la veuve, entrez chez nous, 
    entrez, la froide et la livide, 
    les lézardes du mur humide 
    s'ouvrent pour vous loger chez nous.

    - Levez, les gens, la barre en fer, 
    ouvrez, les gens, je suis la neige, 
    mon manteau blanc se désagrège 
    sur les routes du vieil hiver.

    - Entrez, la neige, entrez, la dame, 
    avec vos pétales de lys 
    et semez-les par le taudis 
    jusque dans l'âtre où vit la flamme.

    Car nous sommes les gens inquiétants 
    qui habitent le Nord des régions désertes, 
    qui vous aimons - dites, depuis quels temps ? - 
    pour les peines que nous avons par vous souffertes.

     


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